Callac-de-Bretagne
 

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                                                   Les Seigneurs de Callac

 


 

La Seigneurie de Callac 
sous l'autorité de l'abbaye de Ste Croix de Quimperlé   

                   

 

Sceau de l'abbaye de Sainte-Croix[1]

Seigneurs et Seigneuries



    On ne peut s'intéresser aux textes anciens sans être affronté à ce redoutable problème de voir apparaître à chaque détour de page, ces termes inséparables propres à l'Ancien Régime que sont : seigneurs et seigneuries, sieurs et sieuries, fiefs, censives, dîmes, etc...
Sans tomber dans une étude approfondie d'une part, ni sans vulgariser à l'extrême d'autre part, essayons d'éclairer le lecteur sur ce langage aujourd'hui oublié.
    Donc succinctement : la seigneurie est cette forme de propriété qui unissait terre ou domaine, que le seigneur se réservait, le fief et les censives, terres qu'il concédait à charge de services et de redevances, les uns nobles pour le fief, les autres roturiers pour les censives.[2]

La propriété d'une seigneurie procure une dignité sociale, indépendante de la noblesse. Seigneur est un titre d'honneur dont même un bourgeois peut qualifier et accompagner son nom. Les bourgeois peuvent en effet, par tolérance, acquérir des seigneuries, à condition d'une indemnité au roi, le droit de franc-fief, une année sur vingt du revenu. Cette forme de propriété a duré juridiquement en France jusqu'à la Révolution.

                    
     Une seigneurie constituait une unité vivante, une communauté avec des liens réels, réciproques, de protection, d'aide, d'une part, de services de l'autre, une participation commune au seigneur et à ses sujets, sous des formes diverses, à l'exploitation du sol, une union contre les autres pouvoirs, le roi et ses représentants, gouverneur, officiers royaux, le duc, le comte, les états provinciaux là où  ils subsistaient..

                     Ces liens sont de nature à changer toute la vie des campagnes , des petites villes, selon qu'ils existent ou sont absents, qu'ils sont forts ou faibles, qu'ils se manifestent fréquemment ou rarement.

         Ils sont d'ailleurs difficiles à déceler car la documentation qui nous reste, hommages, aveux, dénombrements,, baux, est de nature essentiellement juridique et concerne les biens plus que les personnes, leurs relations affectives et leurs sentiments.

          Tout d'abord on distingue de la seigneurie, avec laquelle elle était habituellement confondue, une unité qu'on appelle la sieurie, car le propriétaire en est qualifié  sieur de ,  dame de . Le centre en est un manoir, placé en situation d'importance stratégique, à l'origine probablement une unité de défense.

Le seigneur exerce sur les paysans une autorité, en reçoit des services,  joue un rôle dans l'assemblée de la communauté d'habitants. Mais il n'exerce pas de pouvoir de justice, ni les pouvoirs de commandement qui en découlent. Il est sans doute plus qu'un simple propriétaire, mais il n'est pas un seigneur, bien que cette appellation lui soit parfois décernée.
             De cet écheveau de relations complexes , la distinction entre sieuries et seigneuries, que l'on s'était obstiné à confondre, est fondamentale. On s'aperçoit combien la persistance des termes et des dénominations peut masquer, au fil des temps, des changements profonds et décisifs. C'est une raison de plus de nous défier des grandes théories simplificatrices.  
(Voir : Quelques propos sur la Seigneurie Bretonne)

Voici également le jugement conforté par l'historien Augustin THIERRY (1795-1856) qui se déclarait frappé d'observer que "les gens du peuple en Basse-Bretagne n'ont jamais cessé de reconnaître dans les nobles de leur pays les enfants de la terre natale : ils ne les ont jamais haï de cette haine violente que l'on portait ailleurs à des seigneurs de race étrangère, et sous ses titres féodaux de barons et de chevaliers, le paysan breton retrouvait encore les tierns et les mac-tierns des premiers temps de son indépendance"



L'abbaye de Sainte Croix de Quimperlé.[3]

Vers l'an 980, l'île de Belle-Île, jusque-là soumise à l'autorité des Comtes de Vannes, est donnée en dot, avec le Pays de Belz, à la princesse Guinoëden lors de son mariage avec Bénédic, comte de Cornouaille.
En l'an 1006, une charte du Duc  Geoffroy Ier qui s'est emparé des biens d'Alain Cainhart, fils de Bénédict et de Guinoëden et comte de Cornouaille, donne "Bella Guedel "ou Belle-Ile aux Bénédictins de Saint-Sauveur de Redon.[4]

            
En 1029, le Duc Alain III, fils de Geoffroy Ier, désire épouser Berthe, fille du Comte de Chartres. Le roi Robert Le Pieux est opposé à cette union. Alain Canhiart , en exil à la cour du roi de France, intervient aussitôt par la force : il enlève la jeune fille et la conduit au duc de Bretagne. Le mariage d'Alain III et de Berthe peut ainsi avoir lieu à Rennes en grande pompe. A cette occasion et en signe de gratitude, le duc restitue à Canhiart ses terres, ses villes, ses forteresses, l'île de Guédel ou Belle-Ile et celle de Groix.
            

Fondation de l'abbaye relatée par le cartulaire (XIIe) 

conservé à la British Library à Londres

 

Alain Canhiart peut enfin rejoindre la Cornouaille, mais il tombe gravement malade au château d'Anaurot, au confluent de l'Isol et de l'Ellé. Peu après, miraculeusement guéri, il veut témoigner sa reconnaissance à Dieu en fondant, le 14 octobre 1029, l'abbaye bénédictine de Sainte-Croix de Quimperlé, à laquelle il fait don de Belle-Ile le jour de l'exaltation de la Sainte -Croix.
           
L'évêque de Quimper, dont l'île relève, accorde à l'abbé de Quimperlé et à ses successeurs la juridiction épiscopale sur l'île. Il bénit également le premier abbé, Gurloès. Les moines de Quimperlé remplacent alors ceux de  Redon, par la force, disent certains, à la suite d'une transaction à l'amiable,prétendent d'autres. En tout cas, la contestation s'engage entre les deux abbayes bénédictines et elle durera plus d'un siècle...

Les abbés commendataires

            En 1516, le 18 août, fut signé au concile de Latran, entre le pape Léon X et le roi de France François Ier, le fameux Concordat dit de Bologne, qui reconnaissait au roi le droit de disposer des dignités ecclésiastiques, et la nomination des évêques et des abbés ne dépendit plus d'un chapitre de chanoines et de moines, mais du bon plaisir du roi.
            Ce Concordat, imposé à l'Eglise, fut la principale cause de la décadence des ordres religieux en France. Les abbayes et les autres bénéfices ecclésiastiques échurent aux prélats qui jouissaient de la faveur royale. Des courtisans, des hommes de guerre  reçurent, en échange de services qui n'avaient rien d'ecclésiastique, des titres d'abbés et surtout de bénéficier des biens de leurs monastères, cette faveur prit le nom de commande. 

" Le régime de la commande avait fini par sataniser les monastères"[5]
            Sainte-Croix de Quimperlé eut à souffrir aussi de ce malheur du temps que l'historien de l'abbaye appelle :"Une saison où l'on aboyait après la mort des réguliers pour envahir leur crosse....".
           
L'abbé Daniel de Saint-Alouarn, dernier abbé régulier de Sainte-Croix, étant mort en 1553, le roi Henri II usa du pouvoir que lui donnait le Concordat et nomma le 21 novembre 1553 abbé de Quimperlé, Odet de Coligny. Celui-ci, comblé de charges, cardinal de Chastillon, archevêque de Toulouse, évêque et comte de Beauvais, pair de France, défraya la chronique de l'époque. Fils de Gaspard de Coligny et Louise de Montmorency, et frère de Gaspard, amiral de France, il adhéra aux thèses calvinistes et s'engagea dans l'hérésie, puis épousa Elisabeth de Hauteville qu'il avait entretenue longtemps en secret. Privé de ses bénéfices par arrêt du Parlement en 1569, il s'exila en Angleterre où il mourut en 1571.


Les Gondi [6]

            Les Gondi étaient d'origine italienne et leur maison avait joué un rôle important à Florence, au XIIIe siècle.
            Un des membres de cette famille, Antoine de Gondi né en 1486, vint s'établir banquier à Lyon. Il fut remarqué par Catherine de Médicis qui le prit pour maître d'hôtel ordinaire du Dauphin,             futur roi Henri II.
Antoine de Gondi épousa, en 1515, Catherine de Pierrevive dont il eut cinq enfants : Jean, Albert, Pierre, Charles, Méraude, Marie.
            Albert, né à Florence le 4 novembre 1522, épousa, le 4 septembre 1565, Claude Catherine de Clermont, veuve de Jean d'Annebaut, baron de Retz ou Rais. Il commanda huit armées et servit cinq rois de France : Henri II, François II, Charles IX, Henri III et Henri IV. Confident de Catherine de Médicis, son ascension aux plus hautes fonctions de la cour, suscita les plus vives réserves de la part des princes royaux. Il fut, dit-on, l'instigateur secret de la Saint-Barthélémy.
            En 1572, le comte de Montgomery, chef d'une flotte de protestants français, hollandais et anglais qui, ayant échoué dans une tentative de secourir la ville de La Rochelle, s'empara de Belle-Île , dans l'intention de s'y établir. Charles IX; s'apercevant que les moines ne pouvait défendre l'île, donna celle-ci à Albert de Gondi et l'érigea en marquisat avec charge de faire construire un fort, d'entretenir une garnison et un état-major.Le comte de Montgomery, sous la pression des forces conduites par le nouveau marquis de Belle-Ile, évacua l'île.
            Le contrat de permutation se fit en 1572, comme mentionné dans l'aveu qui suit ; mais les abbés de l'abbaye de Sainte-Croix n'étant pas d'accord avec le duc de Retz, Albert de Gondi, pour l'évaluation des terres qu'on leur offrait, terres et seigneuries de Housillé et de Callac, entamèrent un procès qui se termina en 1584.
            Cette même année 1572, Pierre de Gondi, frère d'Albert et évêque de Paris reçut le bénéfice de la commande de l'abbaye de Sainte-Croix. Il délégua ses pouvoirs à Pierre de Labesse, chanoine de Notre-Dame de Paris pour la gestion du monastère de Quimperlé.

         Un premier acte, du 26 juillet 1578 signé à Paris donne "une procure par laquelle Pierre de Labbesse accepte la récompense que Messire Albert, baron de Retz,Maréchal de France est tenu de bailler audit Seigneur Abbé du couvent de la dite abbaye" L'affaire n'est partiellement conclue que le 7 janvier 1583, mais Pierre de Labbesse meurt en 1584 et Silvius de Pierrevive qui porte le même nom que Marie de Pierrevive, mère d'Albert et de Pierre de Gondi, est nommé abbé de Sainte-Croix.
            En décembre 1584, un arrêt du Parlement de Rennes termine l'affaire, Belle-Ile passe aux mains des Gondi et l'abbé de Sainte-Croix de Quimperlé devient seigneur de Housillé, près de Vitré et seigneur de Callac, succédant ainsi à Albert de Gondi(1565-1572), à Claude de Villeblanche,seigneur de Bron(1534-1565) et à Maurice de Plœsquellec(1442) [7]après la mort de son père Ollivier.
Comme on le voit par les extraits précédents, ce ne fut pas de leur plein gré que les moines vendirent Belle-Île, mais bien obligés devant des raisons politiques et la puissance royale.

Les Abbés de Sainte-Croix de Quimperlé, seigneurs de Callac.

            Pierre de Gondi, frère d'Albert , évêque de Paris, conseiller du roi et ministre du Commerce fut abbé en titre de Sainte-Croix et malgré la délégation de pouvoir exercée par Pierre de Labbesse et les litiges, peut être considéré comme le premier seigneur abbé de Callac de 1573 à 1584.
            Silvius de Pierrevive, parent des Gondi, sous lequel l'abbaye perdit le contrôle de Belle-Ile, ne resta abbbé que de 1584 à 1588.


Henri de Gondi
            Henri de Gondi, fils d'Albert et cardinal de Retz, succéda presque à son oncle Pierre. Il resta à la tête de l'abbaye sous Henri III, Henri IV et Louis XIII, soit pendant près de trente quatre ans. En 1620, Henri de Gondi, également seigneur de Plougonver, tenta de contrer Charles de Guergorlay, seigneur du Cludon, en lui demandant d'effacer ses armes qu'il avait mis en l'église de Plougonver, ainsi que dans la chapelle St Germain. Mais ses menaces restèrent lettre morte et Charles de Guergolay oublia vite les contestations d'un très lointain seigneur et cadinal.
           
 
     Jean François de GONDI

Jean-François de Gondi, neveu d'Henri, doyen de la Sorbonne et archevêque de Paris, succéda à son oncle le 10 août 1624. Il abandonna la direction de l'abbaye en 1668. Ce fut pour les Gondi et apparentés un règne de près d'un siècle sur cette riche abbaye bénédictine. et la seigneurie de Callac.
            Guillaume Charrier de La Roche, fut le trente-huitième abbé et le septième commandataire. Lyonnais d'origine, ce gentilhomme, né le 10 août 1641, reçut en commande l'abbaye de Ste Croix par la grâce du Cardinal de Retz. Il vint en prendre possession le 23 juin 1668, accompagné de M. de la Corbière, abbé de Valence, conseiller au Parlement et de l'abbé Rousseau.

         A l'inverse de ses prédécesseurs, l'abbé Charrier vécut, non pas à la Cour royale , mais à Quimperlé, L'abbé Charrier entreprit de grands travaux pour rendre à l'église Ste Croix et au monastère son lustre d'antan, le  financement de ses travaux provint de la vente d'arbres de haute futaie abattus dans la forêt de Callac.

         Guillaume Charrier dirigea le monastère pendant 49 ans et se retira ensuite dans les environs de Lyon , au château de la Roche où il décéda le 5 septembre 1717, à l'âge de 76 ans.

Pendant la Révolte du Papier Timbré en 1675 et 1676, il servit de médiateur entre les révoltés et les troupes envoyés par le Duc de Chaulnes pour combattre les mutins.

Les Aveux [8]

                        A l'issue de la guerre de Hollande(1672-1678), et par un arrêt du Conseil en date du 19 mars 1678, le roi Louis XIV ordonna  :
            " Qu'il fut incessament procédé à la continuation du papier terrier et refformation de ses domaines de Bretaigne...."
Le papier terrier avait déjà été consenti par les Etats de Bretagne en 1674 et sa réalisation fut confié à des commissaires spéciaux. Ces aveux, terriers et dénombrement dus aux rois furent collationnés par la Chambre des Comptes de Paris et inscrits dans les registres de celle-ci.
            Le 5 février 1682, Maître René Le Guyader, procureur fiscal de la Châtellenie de Callac, se rend devant les notaires royaux de Carhaix afin de rendre les aveux suivants :

"            Aveux par Messire Guillaume Charrier, Conseiller du Roy, abbé commandataire  de l'abbaye de Sainte Croix de Quimperlé, possédant et tenant noblement du Roy à titre de fief [9]amorty, pierres et oraisons , la Terre de la Seigneurie et Châtellenie de Callac, Plusquellec, paroisses et trêves de Calanhel, Botmel, Pestivien, Maël-Pestivien, Moallou, Paule, Carnot.


L'emplacement du Château
Manoir de Kernormand.Isellan
.            

Aux enfants et héritiers d'Allain Thomas,. terme payable en deux fois: may et septembre. 109 livres et 2 deniers.
Prés dudit manoir:             Aux neveux et héritiers de Jacques Le Berre et François Le Denmat.             à chacun 24 livres.
Dessous le Château            pré du colombier, domaine congéable à la Dame de Tréduday et de Keranlouant, 24 livres.
Pré du moulin à tan. A Maître Allain Cotonnec pour 6 livres.
Kermabilias            A Maurice et Marie Lozach, nièces et héritiers de Jacques le Berre.
Kerallain.             A Henry Le Gac pour 18 livres.
Kerminoret.             A Sébastien et Allain Le Gac, Louis Le Corre et consorts pour 48 sols et 6 deniers.
Quernavalain./ Convenant Le Guiader            A Henry Le Bon, Sébastien et Henry Le Gac, 3 livres et.16 sols.
Quernavalain/ Convenant Guillou.             A Thomas Le Roux et consorts, Charles Theunou et héritiers de feu Pierre Guéguen pour 3 livres et. 16 sols.
Penarun. Tenue au titre de domaine congéable
[10] par Jeanne de La Boullaye, veuve du Sieur du Brunaut,Gilles Lohou, pour en payer par an et pareille rente aux dits: 65 sols de monnoye, une renée[11] d'avoine et une poule et la corvée ordinaire.
Rosfao. A la veuve et héritiers et consorts de Maître René Le Guyader, procureur fiscal, pour 3 livres.
et 2 sols.
Respiriou/Convenant Le Milbeau. possédé par Pierre Cadic, Henry Le Guyader et consorts pour 27sols.
Kerallain-Isellan.             A Yves Le Lay pour 4 livres et 5 sols. Au convenant dudit village, Jean Le Coz et Anne Roperts pour 17 sols.
Guernancaffre./Convenant Le Milbeau.                     A Yves, Pierre et Jacques Guéguen et héritiers de feu Pierre Guyader pour 4 livres et 16 sols.
Guernancaffre/ Convenant Pladec.             A Jan Lohou et consorts pour 4 livres et 4 sols.
Kermeno.             A Maître Guillaume Guyader et Demoise
lle Alliénor Marie Floyd pour 40 sols et 10 deniers.

Paroisse de Plusquellec;

Kerliviou/ Convenant Turluer.
             A Guillaume Daniel pour 6 livres.
Kerliviou/Convenant Cojan.             A Guillaume Daniel pour 4 livres.                         Liffernic.             A Allain et Guy Nicolas pour 3 livres et 7 sols.
Buclan/Calanhel. A Yves Pezron, François Le Gall et Yves Merrien pour 5 livres.


Féages
[12]de Callac en la dite tenue de Botmel.

A Maître Jacques Le Doualan, seigneur de Kerlossouarn et Elléonore Le Gac dessus la moitié du jardin du Château pour 2 sols et 6 deniers.
A Jean Le Bourhis, 1 maison pour 15 sols.
A Allain Le Marrec, 1 courtil pour 15 sols.
A Michel Tilly, 1 courtil pour 15 sols.

Kernormand-Uhellan.             Le manoir possédé par Charlotte de la Boissière, dame de Tréduday et de Keranlouant pour 24 livres et 2 sols.
Kermabiliou             A Maître Jacques Hamon et Louise Huitorel et consorts pour 6 livres.
La Villeneuve.             A Louis Huitorel pour 72 sols                                               

  La Villeneuve/ Tenue Huellan.             A Louis Huitorel et Nicolas Le Gac pour 60 sols.
Kerguiniou.   A Noble Homme Jean Pichot, sieur de Trémais pour 70 sols.
Restguen/ Convenant Berrien.             A Maître René Le Joliff et Geffrain Laour pour 3 livres.
Restguen/Convenant Corgat.             A Maître François Guillaume et Vincent Lozach pour 3 livres et 2 sols.
Kergariou             A Allain Guyader et Jan Le Poupon pour 6 livres et 10 sols.
Lisle/Convenant Penhoat.             A François Guillaume pour 50 sols.                Lisle/Convenant Guibart             A Vincent Toudic, Jean Le Gac et consorts pour 9 livres et 10 sols.
            A Pierre Le Parcheminer et enfants, François Guéguen pour 4 livres.
Penancoat/Tenue Basse.             A Maître Rolland Le Graët pour 3 livres.
Collodou. /Tenue Isellan             A Pierre Cadic et Rolland Le Béniguer pour 4 livres et 10 sols.
Collodou /Tenue Huellan.             A Marguerite Theunou et Guillaume Hemeury pour 5 livres.
Goashervé             A François Le Men, Vincent Toudic et Yves Guillerm pour 8 livres 3 sols.
Kerhuellan             A Messire Louis Le Dilaouen, prêtre, pour 47 sols.


Au Bourg de Botmel

Tenue du Gac.   
A Hamon Le Milbeau pour 30 sols de monnoye, une renée d'avoine et une poule.            Tenue Coz             A François Le Coroller pour 4 livres.
Tenue Guiviec             Féage de la Dame de Tréduday pour 3 livres et 3 sols.
Kernestic/Tenue du Saux.            A Jean Guillaume pour 62 sols.
Kernestic/Tenue Le Guyader             A Maurice, Louis et Thomas Le Saux pour 60 sols.
Restellou Tanguy             A Yves et François Huitorel pour 4 livres, 2 renées d'avoine et 2 poules.
Kerlossouarn             Possédé par Ollivier de La Boissière, sieur du Relaix pour 12 livres.
Maroux              Possédé par la Dame de Tréduday, Jean et autre Jean Le Poupon et Mathieu Thomas pour 8 livres et 15 sols.
Kerdréquen             A Pierre Rinquin et Catherine Guyader pour 4 livres et 16 sols.
Tenue audit village à Yves Guyader Le Jeune, Henry Le Roux et consorts pour 4 livres, 2 renées d'avoine et 2 poules.

Kerallain            A Henry  Le Fur et François Le Men pour 4 livres.
Kermeno / Richomme            Féage à Henry Le Milbeau pour 19 sols.
Croas Crenhir.             A Jean Guillaume et consorts pour 6 livres.

La Lande.              Les habitants du lieu noble de Kerroux doivent dessus une portion en la dite lande au Seigneur de Neuffbourg pour 6 livres.
                        Henry Le Fur: 3livres 12 sols., Thomas et Vincent Le Roux:
                        Mathieu Audren : 40 sols.        Alain Rinquin: 31 sols.
                        Jacob Guéguen : 3 livres.         François et Marguerite Douallen: 60 sols.
                        Antoine et Charles Theunou: 20 sols. Marie Le Hénaff: 2à sols.
                        Jacques Douallan, père et garde naturel des enfants de son mariage avec
                        deffunte Marie Rollantic: 30 sols;
                        Maître Jacques Douallan, sieur de Kerlossouarn et Hélène Le Gac, sa femme
                        pour 12 sols.
                        Ollivier Lossouarn et Françoise Douallan, héritière de deffunt Hamon Douallan pour 11 sols.
                        Louis Le Flohic et héritier d'Allain Daniel pour 75 sols.
                        Héritiers de deffunct Pierre Guéguen et Jean Guillou pour 3 livres.
                        Bertrand Guiader et François Le Faisant pour 29 sols.
                        Bertrand Le Tiec, François Le Bonhomme, François Guézennec et Yves Le Goff pour 15 sols.
                        Yves Le Dilaouen pour 3 sols, Maître François du Parc, seigneur de Quercadou pour 42 sols.               La Dame de Keranlouant pour 40 sols.
                        Le Sieur du Brunaut Lohou pour le lieu de Kerharo: 23 sols.
                        Le Sieur de Kercado pour une parcelle de bois : 14 livres.
                       
Paroisse de Plusquellec.

Kerorcun            A la Dame de Keranlouant pour 5 livres.
Kerliviou             A Maître Pierre Le Jaouen, Guillaume Daniel et consort, Hervé Le Guilloux pour                60 sols.
Kerdavid             A François et Christien le Noan pour 51 sols.
Toulancoat             A Henry Le Gall et Guy Guillou pour 22 sols.
Porz-ar-roux            A François Dincuff et Jean Seulvien pour 24 sols.


Rentes censitaires[13]

A Callac  Maison de Coatmeur à la Dame de Keranlouant pour 21 sols.
            Maison de la rue des Tripoux à la Dame de Keranlouant pour 10 sols
            Constance Menguy, la veuve de Jan Boucher pour 3 sols et 5 deniers dessus la
            maison de Jean Saliou.
            Maison de Jacques Euzenou pour 5 sols.
            Geffrain Laour et Henry Guillaume dessus le Parc-ar-Lan et le pré du Bouillen proche de l'étang de Callac pour 6 sols.
            Les enfants et héritiers de deffunct Maître Allain Thomas, Jan Guillaume et consorts
            pour la maison Nouel de Jan Tanguy, rue des Portes pour 43 sols.
            Isabeau Ladvenant, la veuve de Mathieu René et enfants doivent dessus une maison
            2 sols.
            Maître Vincent Querancoz, causeiant de Vincent Salliou pour 2 sols.
            François Le Lagadec pour 6 sols.
            Maître Louis Guichart, père et garde naturel de Marguerite Guichart et Louis Le Berre
            pour maison et jardin de Pouppon pour 3 sols.
            Pierre Saliou et Marie Guichart, sa femme doivent à la Saint Luc dessus le Parc
            Quervistiou pour 6 sols.
            Vincent Le Deuff et Guillaume Le Deuff, son frère pour un emplacement de maison :             3 sols.
            Maître François Guillaume et Perrine Mével, sa femme, héritiers de deffuncte  Catherine Mével, dessus plusieurs maisons, jardins et courtils : 15 deniers.
            Catherine Hamon, la veuve de Maître Yves Le Léannec pour une maison à Callac :             11 s.
            Maître Jacques Doualan et Eléonore Le Gac pour la maison et courtil Cojan : 3 sols.
            Maître Pierre Jaouen pour 3 sols.
            Michel Tilly dessus un courtil pour 3 livres.
            Thomas Gallet et sa femme pour la maison et courtil de deffunct Messire Louis  Guillou
            6 sols. François Le Coirre: 2 sols pour une maison et courtil
            François Guéguen,Ollivier Herviou, Louise Landoir, la veuve de deffunct René Cordier
            pour 30 sols.Guillaume Morvan et sa femme pour 3 sols.
            François Le Men et Louise Lozach pour Prat-Callac: 12 deniers.
            Yves Huitorel et Yves Huon pour 6 deniers.
            Les causeiants de Gilles Jaffray et Allain Le Marrec pour une maison : 2 sols, 2             deniers.
            Marie Tanguy pour 8 sols. René Le Berre et consorts pour 5 sols.
            Les héritiers d'Yves Ladvenant, François et Anne Ladvenant pour 22 deniers.
            La veuve et héritiers de Jacques Le Berre pour 8 sols.

Deniers Incertains

La greffe de la dite Juridiction de Callac affermé à Maître Pierre Le Milbeau et à Guillaume Jehan pour en payer par an la somme de 200 livres.
Les coustumes de la Halle et qui se paieront dessus les dites marchandises et denrées qui sont vendues aux marchés et foires dudit Callac affermé à Henry Jaffray pour la somme de 540 livres par an.
Le four à ban affermé à Yves Le Neuder pour la somme de 180 livres par an.
Le moulin de Callac à Jean Le Fournier pour 720 livres par an.
Le moulin du Plessix à Yves Le Person pour 420 livres par an .
Le moulin de Kerdren à Jan Thomas pour 300 livres par an .

Les Dixmes en la Seigneurie

La dixme de Raoulin.
La dixme de Botmel.
La dixme de La Lande.
La dixme de Lisle.
La dixme de la Villeneuve.
La dixme de Kerliviou en Plusquellec.
La dixme de Kerhuel en Calanhel.

La Cheffrente-
[14] Sieuries de Callac

Dame Charlotte de la Boissière, Sieurie de Keranlouant et de la Rochedroniou.
François du Parc, sieur de Quercadou, de Respérit et de Kerroux.
Sébastien du Pontho, sieur de Coatleau.
Dame Suzanne de Plœuc, veuve dudit deffunct Maître Pierre de Lémo, sieur de Kerandréan, Paulan.
La seigneurie de Gouhellec.
Dame Marie de Seillons, douairière de Kernon.
Ecuyer Vincent de la Marre, sieur de Qersalliou, père et garde naturel de son enfant , de son mariage avec deffuncte Marie Guillart, vivante compaigne du Sieur du Launay.
Jullien de Quelen.
Jean de Quermoisan et sa femme Marie de Quelen au village de Questellic.
Demoiselle Jane Huon, Dame du Poirier au Manoir de Quermaguerrien et Penancoat.

Sieuries de Carnot

Louis de Leslay, sieur de Querangouez, manoir du Rhun, village du Cosquer,moulin de Pénity.
           
Sieuries de Pestivien
                                                                                   
Item pareille seigneurie et ligence
[15] proche en lige[16] sur le manoir, fief du Bodeillo,  possédé par Dame Guillemette du Dresnay, de son mariage avec deffunct Urbain de Tintiniac, vivant seigneur de Bodeillo.
La seigneurie de Coatgoureden, possédé par Sébastien Bégaignon, chevalier et seigneur du Rumen.

Sieuries de Maël-Pestivien

Manoir de Kerauffret, appartenant à Dame Jane Huon, douairière
[17] de Querdaniel.
Crechambleiz et son moulin , possédé par François Bahezre, sieur de Crechambleiz.
Noble et Puissant Vincent de Plœuc, seigneur de Plœuc, moulin de Querrousan possédé par Maître Rolland Loz, sieur de Beaulieu et de Querbastard.

Sieuries de Moallou

Maurice de Plœsquellec.

Sieuries de Paol

Marie Quernaupin, Dame de Lesguiec.

Charges sur la dite Seigneurie de Callac et de Plusquellec.

Au sénéchal pour gages est délivré 10 livres
Au bailly une pareille somme de 10 livres et aux lieutenants la somme de 100 sols.
Au procureur fiscal la somme de 7 sols et 10 deniers.
Au susgarde de la forêt de Maroux et de Querbern la somme de 75 sols.

                Pour la dite rente de Callac la somme de 105 sols et 4 deniers.

L'échange           

Laquelle terre et seigneurie est advenue ou annexée à la dite abbaye de Quimperlé par eschange avec Messire Albert de Gondy, Duc et Pair et Maréchal de France, pour l'isle de Belle-Isle, les cy-devant despendants de la dite abbaye et eschangée avec la Terre de Callac par acte de l'année mil cinq cent soixante douze refferré en l'acte possessoire du trente unième décembre mil cinq cent quatre vingt quatre y recours.

Aveux
[18] à Carhaix le 17 février 1682.

Laquelle déclaration et présent adveu a esté soumy par Maître Guillaume Le Guyader, demeurant en sa maison de Quermeno en la dite trêve de Botmel, de présent en cette ville de Carhaix, logé en la maison et demeure de Magdelaine Le Brun, rue des Augustines, faisant et agissant pour le dit Seigneur Abbé de Quimperlé suivant sa procuration par luy appparié présentement à nous nottaires royaux à Carhaix soussignants et luy dattée du cinquième de ce présent mois de feuvrier. Signé Charrier, Millan et J: Le Beac, nottaires royaux à Quimperlé.


                Ainsi nous obtenons dans cet aveu, un arrêt sur image, une coupe de l'histoire sociale en cette fin du 17e siècle, toute encore marquée par les évènements de 1675, la Révolte du Papier Timbré  dite des Bonnets Rouges.
                Malgré la précarité des éléments relevés : une liste de personnages, sieurs et paysans, des lieux connus, des montants de baux, il est quand même intéressant de remarquer le nombre relativement élevé de " Maistre "cité dans le dénombrement. Une classe d'hommes de lois, robins, notaires, clercs, ou procureurs fiscaux, intermédiaires entre paysans et seigneurs, ruraux et citadins, dominants et dominés, et qui vont dans le siècle à venir, influencer de façon radicale l'histoire du pays.
                Ce que nous avons remarqué par ailleurs en dépouillant de façon systématique les registres paroissiaux, en ce sens qu'au fur et à mesure de l'avancée dans le 18e siècle, les signatures des seigneurs de petite noblesse laissent peu à peu la place aux signatures d'avocats, de notaires et de procureurs, indiquant ainsi la montée en puissance d'une nouvelle couche sociale, "imprégnée de l'esprit du temps et ouverte aux idées nouvelles", préfigurant l'évènement majeur de la fin du siècle, la Révolution.
Aux patronymes locaux, Guiader, Hamon, Thomas, Le Graët, Fercoq, Guillaume, nous verrons apparaître d'autres patronymes, étrangers à la région, tels que Guiot, Vauchel, Delafargue, Brossard, souvent venus dans les bagages des armées royales, et qui ne tarderons pas à exercer les fonctions de dominance dans les années futures.

                                                                                            

                          
Joseph Lohou(mise à jour mai 2012_octo.2016)                                                                                                                     

Armoiries de CALLAC-BOTMEL                                                            


                                    Notes Bibliographiques



1.               Augé C.-Le Larousse pour tous-Nouveau Dictionnaire Encyclopédique.Librairie Larousse-Paris. 1913.

2.               Bellancourt Y. -L'abbatiale Bénédictine de Sainte-Croix de Quimperlé.-1983.

 

3.               Corbinelli J.- Histoire Généalogique de la famille de Gondi.-Paris-1702-2 vol. in-4°.

 

4.               Flocquet Ch.-Belle-Ile-en -Mer, Houat, Houédic.-Edit. Y. Salmon-Loudéac-1990.

 

5.               Gallet R.-La Seigneurie Bretonne-1480-1680-L'exemple du Vannetais.BPI.Paris.1979.

 

6.               Geoffroy F.-Dictionnaire de l'Ancienne Langue Françoise.-Edit. Bouillon-Paris. 1892.

 

7.              Giffard A.-Les Justices Seigneuriales en Bretagne au XVIIe et XVIIIe siècle.-1903.                                    Réimpression.Edit. Montfort.1979

8.               Guyot M.-Répertoire de Jurisprudence-Paris. 1784.

 

9.               Huysmans G.-En route- tome 2-1895-

 

10.               Le Duc P. (dom)-Histoire de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé.-Publ. Le Men-1863.

 

11.               Maitre L.-Cartulaire de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé.-1896-1904.

 

12.               Tambour E.-Les Gondi et le château de Noisy.-Paris-1925.

13.                L'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé des origines à la Révolution- Actes du colloque dse Quimperlé du 2 et 3 octobre 1998- Centre de Recherche Bretonne et Celtique- UPRES-A 6038 du CNRS-UBO, Brest - Association des Amis de l'Abbye de Sainte-Croix de Quimperlé.- ISBN 2-901737-41-2-Déc 1999.





Autres sources

CARAN-Centre d'Accueil et de Recherches des Archives Nationales-Paris.
Archives Départementales des Côtes d'Armor-Saint-Brieuc.
Bibliothèque Nationale-Paris.







[1]-Cartulaire de l'abbaye de Sainte-Croix. (L. Maitre et P. de Berthou-Editions de 1896 et 1904)

 

[2]-GALLET R.-La Seigneurie Bretonne-1480-1680-. L'exemple du Vannetais.Préface. Publication de la Sorbonne.BPI. Pompidou;Paris.

 

[3]-Dom LE DUC-Histoire de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé-Edition R.F. Le Men-Quimperlé-1863.

 

[4]-FLOCQUET. Ch.Belle-Isle-en-mer,Houat et Houédic.Editions Y. Salmon.Loudéac-1990.

 

[5]-HUYSMANS G.-En route- t2 . 1895. p.295.

 

[6]-CORBINELLI-Histoire généalogique de la famille de Gondi.-Paris. 1705-2 vol. in-4.

 

[7]-Titres domaniaux de la Seigneurie de Callac- cote : Q/1/166.CARAN-Archives Nationales.-Paris..

 

[8]-Bretagne-Etat des Domaines et Droits domaniaux-cote : P1548-art.458-CARAN.-Paris

 

[9]-Fief; Mode de possession de propriété précaire qui s'applique aux terres nobles et roturières, aux offices, fonctions et dignités." C'est une concession du Roi faite aux gens de main-morte(Ecclésiastiques,Hôpitaux,Villes, Communautés), par laquelle il leur est permis de posséder des biens sans pouvoir être contraint de vider leurs mains."(Répertoire de Jurisprudence M;Guyot-Paris. 1784.)

 

[10]-Domaine congéable ou convenant: domaine affermé pour un temps indéterminé, le propriétaire peut à sa volonté reprendre sa jouissance (Propre à la Bretagne.)

 

[11]-Renée : Sorte de mesure de matière sèche utilisée en Bretagne  pour les céréales.Renée de Callac; 24 renées = 1 tonneau.

 

[12]-Féage : Contrat d'inféodation, fonds de terre donnée au fief.

 

[13]-Censitaire : celui qui devait le cens à un seigneur.

 

[14]-Cheffrente : Assurément un terme juridique de la Coutume de Bretagne désignant une rente par tête, mais les recherches effectuées sur les dictionnaires, glossaires et encyclopédies de toutes les époques se sont révélées vaines.

 

[15]-Ligence : état de celui qui est lié à son seigneur.

 

[16]-Lige : en parlant d'un vassal, qui a promis à son seigneur toute fidélité sans restriction.

 

[17]-Douarière : veuve qui vit d'un douaire, qui sont des biens assurés par le mari, en cas de survie.

 

[18]-Aveu : acte par lequel un seigneur reconnaissait pour vassal ou réciproquement.(D'où l'expression actuelle, homme sans aveu, à qui personne ne reconnaît de l'honorabilité.)  

Cet article est paru dans la revue "Le Pays d'Argoat" n°24 -2/1994.

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