 |
Callac-de-Bretagne |
|
Page
Retour
YVES MARIE GUINAMANT (1910-1944)
Intro.
La famille.
Yves
Marie naît en 1910 au village de Kercourtois en Plusquellec, le lieu où
le ruisseau de Kerthomas prend sa source, et situé dans les
hautes terres de la commune, près du village de Lein-ar C’hoat (Le
sommet du bois) et à la limite de la commune de Plusquellec. Le
patronyme « Guinemant, Guinamant » est d’origine germanique
(win+mari=homme) est usité depuis fort longtemps à Plusquellec et le
village situé plus à l’est de Kercourtois se nomme Guernévez-Guinaman,
témoignant d’une famille ayant marqué ce lieu depuis des lustres.
Sur la gauche, le chemin partant de Coat-Bruyec (Le bois de bruyère) passe Kercourtois
et conduit au bourg de Plusquellec.
Ses
parents, François Marie et Marie Louise Guyader se sont mariés le 15
mai 1904 à Plusquellec. Marie Louise Guyader, originaire de Calanhel
était une jeune veuve, épouse d’un mari vite disparu, Henri Lucas. Elle
vient donc s’installer à Kercourtois avec sa première fille, Anne Marie
Lucas, née en 1900. Le premier fils du couple, Pierre Guinamant, vient
au monde en 1907 et Yves Marie, notre personnage, en 1910.
Nous
avons donc étudié le village de Kercourtois afin de connaître les condtions dans lesquels
Yves Marie vivait, un peu avant la grande guerre, évènements importants qui
vont modifier le mode de vie de nos ruraux bretons. Le hameau abritait
huit ménages, soit presque autant de maisons que le cliché précédent
nous indique. Le nombre de personnes présentes indiqué sur le
recensement de 191l est chiffré à 60 individus, adultes, vieillards et
enfants, soit 11 couples, 35 enfants, 2 personnes âgées, 3 domestiques.
Une densité de population que les gens supportaient péniblement.
Yves
Marie et son frère aîné Pierre, accompagnés de leur demi-sœur Anne
Marie Lucas ont donc dans les années 1914 et la suite, ont parcourus à
pied les 2 kilomètres de Kercourtois au bourg de Plusquellec afin de
suivre la classe de l’école communale. Celle-ci était tenue par
Guillaume Le Clec’h et son épouse Marie Louise Courtois,
Guillaume, originaire de Pluzunet et Marie Louise de Saint-Servais,
s’étaient mariés en 1889, commune où Guillaume dirigeait précédemment
l’école communale.
Yves
Marie, après son service militaire de 1930 à 1933, revint à Plusquellec
où il avait laissé sa famille et en 1936, le 10mai, il se mariait avec une payse
de son âge, Anne Marie Derrien du village de Kerliviou tout proche de
Kercourtois. Anne Marie, fille de Joseph et Rosalie Le Bonhomme avait
une sœur, Marie de deux ans plus jeune, et promise à Pierre Marie Daniel, également de Plusquellec.
Les
parents Derrien, dans un souci d’économie en cette période difficile
des années 30, décidèrent d’effectuer un mariage double, comme nous
pouvons le voir sur le cliché suivant :
A Kercourtois, un beau jour de mai 1936…
(A gauche, Yves Marie et Anne Marie, à droite Pierre Daniel et Marie)
Un personnage étrange en smoking à revers : Maurice Hanès, propriétaire terrien !
Article paru dans le Journal « OUEST-France » du 1er août 2014.
Il
était cheminot et résistant. Le 3 août 1944, suite à une fusillade de
deux heures avec les soldats allemands, Yves Guinamant fut abattu de
plusieurs balles, dont une mortelle en pleine tête.
Ce
matin-là, le maquisard avait quitté sa femme et son fils, alors âgé de
quatre ans, avec une émotion et des craintes qu'il ne parvint pas à
leur dissimuler. Il rejoignit ses camarades de combat au bois des
Vaulx, à Mégrit.
Le
déroulement de la tragique journée, dont se souviennent encore les
aînés de la commune, a été consigné par le secrétaire de mairie de
l'époque, M. Voisin : « Retenons-en que le sergent Yves Guinamant tente
une sortie du bois, couché derrière son fusil-mitrailleur... » Sa mort
s'ajoute à celle de trois soldats allemands et de nombreux blessés et
une prise d'otages de plus d'une heure. « Les Allemands fuient le bourg
et, à 20 h 30, la commune est libérée. »
Yves
Guinamant fut déclaré « tué à l'ennemi » et « mort pour la France ». La
Croix de guerre à titre posthume lui fut décernée en 1945. Une stèle
fut érigée par les familles de Broc et Couëssin en 1950 sur le lieu du
drame où il tomba, avec l'épitaphe « En mémoire de leurs morts pour la
patrie pendant la guerre 39-45 ».
Des hommes déterminés
Le
Mégritien appartenait aux Forces françaises de l'Intérieur depuis 1943.
Né à Plusquellec, il avait 29 ans à la déclaration de la guerre, et sa
profession de cheminot l'avait amené à exercer à la gare de Broons, où
il était facteur d'enregistrement.
Il
était membre du maquis tout récemment formé de Bourgneuf, à Sévignac,
composé de plusieurs dizaines d'hommes, dont des Russes et des
Siciliens. A la dissolution de celui-ci, il rejoignit le maquis de
Mégrit. Le nom d'Yves Guinamant figure sur les monuments aux morts de
Plusquellec et de Broons ainsi que sur une plaque commémorative, dite
la « plaque des quatre cheminots » apposée sur le mur du local
technique du quai SNCF de Broöns. Une impasse porte également son nom
près de la gare.
Dans la commune de Mégrit, une rue se nomme Yves-Guinamant.(?)
Le
maire de Plusquellec Jacques Creff, indique que : « «Le nom d'Yves Guinamant,
originaire de Plusquellec, volontaire des FFI, tué à Mégrit, le 3 août
1944, lors d'un combat, sera gravé sur le monument aux morts »…
Monument
commémoratif GUINAMANT Yves. (Situé dans le cimetière de Mégrit (22) -
Elle se trouvait à l'origine, hors du cimetière en bordure du bois -
"Ici est tombé pour son pays le 3 août 1944, Yves GUINAMANT, Volontaire
des Forces Françaises Intérieures . Sergent du F.B.I. du 1er Régiment de
Bretagne Croix de Guerre 1945".)
Joseph Lohou (octobre 2018)
| | |